Combien de temps conserver les images de vidéosurveillance ? La règle des 4 semaines
Combien de temps pouvez-vous conserver les images de vidéosurveillance ? Pour les images de sécurité courantes, l'autorité de protection des données retient comme ligne directrice 4 semaines au maximum, soit 28 jours. Plus longtemps n'est permis que s'il y a un incident concret ou une action en justice en cours. Après ce délai, les images doivent être effacées ou écrasées. Cet article explique d'où viennent ces 4 semaines, quand vous pouvez vous en écarter et comment ranger les images ensuite.
La question de savoir combien de temps les images de vidéosurveillance peuvent être conservées paraît simple, mais la réponse touche aussitôt au cœur du RGPD. Les images de vidéosurveillance sont des données personnelles, car toute personne filmée est identifiable. Le même principe s'applique donc aux enregistrements qu'à toute autre donnée personnelle : vous ne les conservez pas plus longtemps que nécessaire. Pour la vue d'ensemble complète sur la conservation et la destruction, voyez le pilier détaillé sur la conservation et la destruction des images de vidéosurveillance.
La norme : environ 4 semaines
L'autorité de protection des données retient comme ligne directrice que les images de vidéosurveillance sont conservées au maximum quatre semaines. Quatre semaines font 28 jours. C'est, pour la plupart des organisations, largement suffisant pour découvrir un incident et mettre de côté les bonnes images. La loi ne fixe pas de chiffre exact, mais ce délai est devenu la norme en pratique. Qui s'y tient est en règle. Qui veut conserver plus longtemps doit en avoir une raison concrète. Quatre semaines ne sont donc pas une obligation à remplir, mais une limite haute pour la situation ordinaire. Dans la plupart des cas, vous remarquez un vol, une plainte ou un dommage en quelques jours. Le temps qui reste dans ces quatre semaines est votre marge pour réagir calmement et sécuriser les bonnes images avant qu'elles soient écrasées.
Pourquoi 4 semaines est la norme
Derrière ces quatre semaines se trouvent deux principes du RGPD. Le premier est la limitation de la conservation : vous ne gardez pas les données personnelles plus longtemps que la finalité ne l'exige. Le second est la proportionnalité : l'atteinte à la vie privée doit être proportionnée à la finalité. La finalité des caméras de sécurité est de repérer les incidents et de les traiter. Un délai de quelques semaines suffit pour cela, pas des mois. Plus vous conservez longtemps les images, plus l'atteinte grandit sans que la finalité en soit mieux servie. Quatre semaines sont l'équilibre que le superviseur juge raisonnable.
Qu'est-ce qu'une image de sécurité courante ?
La ligne directrice des quatre semaines vaut pour les images de sécurité courantes. Ce sont des images d'une entrée, d'un bureau, d'un entrepôt, d'un parking ou d'une façade, faites pour contrer le vol, le vandalisme ou des situations dangereuses. Sur ces images figurent des visages de salariés et de visiteurs, parfois des plaques d'immatriculation et des schémas de déplacement. Ce ne sont pas des données sensibles au sens du RGPD, mais bien des données personnelles ordinaires qui méritent une protection. Pour cette catégorie, quatre semaines sont le point de départ. Si vous avez des caméras avec une autre finalité ou une autre sensibilité, l'appréciation peut être différente.
Les exceptions : incident et conservation plus longue
Conserver plus de quatre semaines est permis, mais seulement avec une raison. Le RGPD admet trois situations :
- Un incident concret qui exige une enquête, comme un vol, une agression, un accident ou une plainte.
- Une action en justice en cours pour laquelle les images servent de preuve.
- Une obligation légale spécifique qui exige une conservation plus longue, ce qui est rare.
La même règle vaut pour chaque exception : ne conservez que le fragment pertinent, pas toute l'archive. Vous extrayez les minutes autour de l'incident, vous les mettez de côté et vous laissez le reste être simplement écrasé. Ainsi l'exception reste limitée à ce qui est vraiment nécessaire.
Jusqu'où est-ce trop long ?
Un délai fixe de plusieurs mois pour des images courantes, sans raison, est presque toujours trop long. Les superviseurs regardent d'un œil critique les systèmes qui gardent tout pendant des mois simplement parce que le disque est grand. Ce n'est pas une raison valable. La sensibilité du lieu compte aussi. Dans un espace intérieur calme avec peu d'incidents, même un délai plus court que quatre semaines peut être plus adapté. Dans un lieu à risque, quatre semaines peuvent être exactement justes. L'enjeu n'est pas de remplir le délai, mais de pouvoir expliquer pourquoi votre délai convient à votre situation. Une règle utile est de vous demander combien de temps il vous faut réellement pour remarquer un incident et le traiter. Si la réponse est quelques jours, alors un délai de quelques semaines est déjà généreux. Qui conserve des mois sans cette appréciation risque que le superviseur qualifie le délai d'excessif. Conserver peu n'est donc pas seulement propre pour la vie privée, cela réduit aussi votre propre risque en cas de fuite.
Qui fixe le délai de conservation ?
Vous fixez vous-même le délai de conservation en tant que responsable de traitement, donc en tant qu'organisation ou personne qui installe les caméras. Vous faites l'arbitrage entre la finalité de sécurité et la vie privée des personnes filmées. Vous consignez ce choix et vous pouvez le justifier. Ce n'est pas une affaire de fournisseur qui laisse le réglage par défaut du NVR en place. La responsabilité du délai vous revient, pas au fabricant du système. C'est pourquoi le délai a aussi sa place dans votre propre documentation, pas seulement dans le logiciel.
Que se passe-t-il après le délai de conservation ?
Après le délai de conservation, les images doivent partir. Les garder n'est plus permis, car la finalité est atteinte ou le délai est dépassé. En pratique, cet effacement se fait le plus souvent automatiquement : un NVR ou un DVR écrase les enregistrements les plus anciens par de nouveaux dès que le disque est plein. Si ce cycle d'écrasement correspond à votre délai, vous remplissez l'exigence. Les images que vous avez mises de côté pour un incident, vous les effacez dès le règlement de l'affaire. Les laisser après le délai est une infraction, même si personne ne regarde jamais les images.
L'écrasement par le NVR ou le DVR
La façon ordinaire dont les images disparaissent est l'écrasement. Un NVR ou un DVR enregistre en continu et efface de lui-même les images les plus anciennes quand le disque se remplit. Ce qui compte, c'est donc que le cycle d'écrasement corresponde à votre délai de conservation :
- Réglez la durée d'écrasement sur quatre semaines ou moins.
- Vérifiez que le disque n'est pas si grand que les images restent plus longtemps que prévu.
- Placez les images d'un incident dans un dossier séparé avec son propre délai.
- Consignez le réglage, pour pouvoir montrer que le cycle est correct.
L'écrasement suffit pour le fonctionnement quotidien. Cela devient une autre histoire seulement quand le système lui-même est remplacé.
Écrasement contre destruction du disque
Tant que le système fonctionne, l'écrasement convient. Mais quand le NVR ou le DVR quitte le bâtiment, lors d'une mise à niveau, d'une panne ou de la fin de vie, l'écrasement ne suffit pas. Il reste alors des images sur l'ancien disque dur, et avec le bon logiciel elles sont souvent récupérables. Un disque qui quitte les locaux sans destruction sécurisée est une fuite de données en devenir. C'est pourquoi le disque doit être retiré et détruit physiquement, pas remis à l'installateur ni jeté avec la ferraille. Le fonctionnement de ce broyage figure dans faire déchiqueter un disque dur.
Détruire le disque de façon sécurisée lors du remplacement
Lors du remplacement d'un système de caméras, vous suivez un parcours fixe. Inventoriez d'abord tous les supports de stockage, donc le disque du NVR mais aussi les éventuelles cartes SD des caméras autonomes. Retirez le disque avant que l'ancien matériel soit emporté. Faites-le détruire physiquement au bon niveau pour les supports de données, généralement DIN H-4 ou H-5. Conservez un certificat par disque avec le numéro de série. Vous pourrez ainsi montrer plus tard que les images sont irrémédiablement parties. Cela rejoint la destruction démontrable, avec un certificat de destruction comme preuve pour votre dossier. Ne remettez jamais simplement le disque au technicien qui installe le nouveau système. Pour lui, l'ancien appareil est de la ferraille, pour vous il contient encore des données personnelles dont vous restez responsable. Il en va de même pour les cartes SD des caméras IP autonomes et pour un éventuel disque de sauvegarde. Inventoriez donc tout ce qui a un jour enregistré des images avant que cela quitte le bâtiment. Un disque que vous faites broyer vous-même fournit une preuve concluante, tandis qu'un appareil égaré dans une benne vous met en difficulté lors d'un contrôle.
Délai de conservation des images : un aperçu
Le tableau ci-dessous résume ce qui vaut dans la plupart des cas. Cela reste une ligne directrice, car votre propre appréciation prime.
| Situation | Délai de conservation indicatif | Mode de rangement |
|---|---|---|
| Images de sécurité courantes | 4 semaines au maximum | Écrasement automatique |
| Lieu fréquenté, peu d'incidents | Moins de 4 semaines peut convenir | Écrasement automatique |
| Incident concret | Jusqu'au règlement | Fragment à part, puis effacer |
| Action en justice en cours | Jusqu'à la clôture de l'affaire | Fragment à part, puis effacer |
| Système ou disque remplacé | Sans objet | Détruire physiquement le disque |
Entreprise contre domicile
Pour une entreprise, les règles du RGPD s'appliquent pleinement : une finalité, un délai d'environ quatre semaines et une documentation. Pour un particulier avec une caméra chez lui, c'est différent. Si vous filmez seulement votre propre terrain, cela relève de l'exception domestique et le RGPD ne s'applique pas strictement. Mais dès que votre caméra capte la voie publique ou le jardin du voisin, cette exception tombe et les mêmes règles s'appliquent que pour une entreprise. Chez soi aussi, quatre semaines sont alors une limite haute raisonnable. Les règles pour les deux situations figurent dans les règles de caméra de surveillance en entreprise et à domicile.
Consigner le délai dans le registre des traitements
Le délai de conservation choisi a sa place dans votre registre des traitements. Vous y consignez, par système de caméras, quelle est la finalité, quelles catégories de personnes sont filmées, combien de temps vous gardez les images et comment vous les rangez ensuite. Ainsi, le délai n'est pas seulement un réglage dans le NVR, mais un choix conscient que vous pouvez justifier. Si une question vient d'un superviseur ou d'une personne concernée, vous pouvez montrer d'un coup d'œil que votre délai est correct. L'aperçu des délais courants pour d'autres données figure dans l'aide-mémoire des délais de conservation RGPD.
Et si des images fuitent ?
Si des images de vidéosurveillance fuitent, par exemple parce qu'un ancien disque a été jeté sans protection, cela peut être une fuite de données que vous devez notifier dans les 72 heures à l'autorité de protection des données. Un délai de conservation trop long augmente le dommage, car plus vous aviez d'images, plus il peut en arriver sur la place publique. Un délai propre réduit au contraire le risque. Si vous pouvez montrer que d'anciennes images étaient déjà écrasées ou le disque déjà détruit, vous êtes en meilleure position. Le fonctionnement de l'obligation de notification figure dans notifier une fuite de données en 72 heures.
Erreurs fréquentes
- Tout garder pendant des mois parce que le disque est grand. Ce n'est pas une raison valable.
- Laisser le réglage par défaut. Vérifiez que le cycle d'écrasement correspond à quatre semaines.
- Garder toute l'archive pour un incident au lieu du seul fragment pertinent.
- Remettre l'ancien disque à l'installateur sans destruction ni certificat.
En règle en 4 étapes
- Déterminez votre délai de conservation et tenez-vous à quatre semaines, sauf si plus court convient mieux.
- Réglez le cycle d'écrasement sur ce délai et vérifiez qu'il est correct.
- Consignez le délai dans votre registre des traitements avec la finalité et le lieu de stockage.
- Détruisez le disque de façon sécurisée lors du remplacement, avec un certificat comme preuve.
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Demander un devisQuestions fréquentes
Combien de temps peut-on conserver les images de vidéosurveillance ?
Pour les images de sécurité courantes, l'autorité de protection des données retient comme ligne directrice 4 semaines au maximum, soit 28 jours. Plus longtemps n'est permis que pour un incident concret ou une action en justice en cours, et alors seulement le fragment pertinent.
Quel est le délai de conservation des images de vidéosurveillance ?
La norme est d'environ 4 semaines. Dans un lieu très fréquenté avec peu d'incidents, un délai plus court peut être plus adapté. Un délai fixe de plusieurs mois sans raison est généralement trop long.
Que deviennent les images après le délai de conservation ?
Les images doivent être effacées. Sur un NVR ou un DVR cela se fait automatiquement par écrasement, à condition que le cycle soit réglé sur quatre semaines ou moins. Lors du remplacement du système, le disque est détruit de façon sécurisée.
Combien de temps une entreprise conserve-t-elle les images ?
La plupart des entreprises les conservent quatre semaines. Le délai figure dans le registre des traitements, avec la finalité et le lieu de stockage. Les images d'un incident sont conservées à part jusqu'au règlement.
Un particulier peut-il conserver les images plus longtemps ?
Si vous filmez seulement votre propre terrain, le RGPD ne s'applique pas strictement. Si la voie publique ou le terrain du voisin est filmé, les mêmes règles s'appliquent et quatre semaines sont une limite haute raisonnable, à domicile aussi.
Conclusion
Combien de temps vous pouvez conserver les images de vidéosurveillance se résume à une règle claire. Pour les images de sécurité courantes, quatre semaines sont la norme, plus court là où cela convient, plus long seulement pour un incident ou une action en justice. Après le délai, les images doivent partir, le plus souvent par écrasement et, lors du remplacement, par destruction sécurisée du disque. Consignez votre délai dans le registre des traitements et veillez à pouvoir justifier votre choix. Vous respectez ainsi le RGPD et évitez que d'anciennes images traînent plus longtemps que permis.
À lire aussi : le pilier sur la conservation et la destruction des images de vidéosurveillance, et les articles connexes sur détruire et effacer les images de vidéosurveillance, les images de vidéosurveillance et les droits RGPD et les règles de caméra de surveillance en entreprise et à domicile.
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