Règles caméra de surveillance : ce qui est autorisé en entreprise et au domicile
Une caméra de surveillance paraît simple : vous l'installez et vous gardez un œil sur les lieux. Pourtant des règles strictes s'appliquent, car dès que vous filmez des personnes vous traitez des données personnelles. Pour une entreprise et pour le domicile, les mêmes principes s'appliquent en grande partie. Vous pouvez surveiller votre propre terrain, mais vous ne pouvez pas filmer plus loin que nécessaire. Cet article détaille ce qui est autorisé, ce qui ne l'est pas et ce que vous devez faire des images.
Vous voulez vérifier rapidement si votre installation est correcte ? Pouvez-vous répondre oui à chacune de ces questions ?
- Votre caméra filme-t-elle uniquement votre propre terrain ou votre entrée ?
- Le personnel et les visiteurs savent-ils qu'il y a des caméras ?
- Les images sont-elles stockées en sécurité avec un accès limité ?
- Les images sont-elles effacées après 4 semaines au maximum ?
- Savez-vous comment faire détruire le disque de stockage lors d'un remplacement ?
Si vous hésitez sur l'un de ces points, vous lisez ci-dessous précisément ce qui est autorisé avec des caméras en entreprise et au domicile.
Le RGPD s'applique dès que vous filmez des personnes
Une caméra de surveillance ressemble à une mesure de sécurité, mais sous le RGPD c'est surtout un traitement de données personnelles. Quiconque apparaît de façon reconnaissable à l'image est une personne concernée avec des droits. Cela vaut pour le personnel, les clients, les visiteurs et les passants. Vous ne pouvez donc pas installer une caméra n'importe où. Vous avez besoin d'un intérêt légitime, comme la protection de vos locaux ou la prévention du vol, et vous ne pouvez pas filmer plus que nécessaire pour cette finalité. On appelle cela la proportionnalité. C'est le fil conducteur de toutes les règles de cet article, que vous dirigiez une entreprise ou que vous installiez une caméra chez vous.
Quand le RGPD s'applique-t-il à votre caméra ?
Pour une entreprise, le RGPD s'applique toujours, même pour un indépendant. Pour les particuliers, c'est plus nuancé. Si vous filmez purement à l'intérieur de votre logement ou de votre jardin pour un usage personnel, cela relève de l'exception domestique et le RGPD ne s'applique pas. Mais dès que votre caméra regarde au-delà de votre propre terrain, par exemple le trottoir, la rue ou la maison des voisins, cette exception tombe. À partir de là, vous êtes responsable du traitement et les mêmes obligations qu'une entreprise s'appliquent. Beaucoup de personnes avec une caméra de sonnette l'ignorent et filment sans le savoir bien plus que ce qui est permis.
Caméras d'entreprise : seulement votre propre terrain
Le principe pour une entreprise est clair. Vous pouvez filmer votre propre bâtiment, votre terrain, votre parking et votre entrée. Vous y avez un intérêt légitime, car vous protégez vos biens et vos gens. Ce que vous ne pouvez pas faire, c'est filmer de façon structurelle le terrain des voisins, d'autres entreprises ou l'espace public. Une caméra sur la façade qui balaie toute la rue n'est pas autorisée. Orientez donc la caméra de sorte qu'elle couvre exactement ce que vous voulez surveiller et pas plus que cela. En cas de doute, faites un croquis de ce que chaque caméra a dans son champ. Un tel croquis aide aussi plus tard, lorsque vous devez expliquer lors d'un contrôle pourquoi chaque caméra est placée là où elle est.
Ne pas filmer plus loin que nécessaire
Parfois un petit bout de voie publique est inévitable, par exemple juste devant l'entrée. C'est permis, à condition que cela reste vraiment limité à ce qui est nécessaire pour surveiller votre propre accès. La norme est toujours la même : le moins possible de l'environnement à l'image. Les caméras modernes peuvent masquer des parties de l'image avec un masque de confidentialité. Utilisez cette fonction pour masquer le trottoir, le côté opposé ou les fenêtres d'autrui. Ainsi vous gardez net seulement votre propre terrain et vous évitez d'enregistrer plus que ce qui est autorisé.
Informez le personnel et les visiteurs
La vidéosurveillance ne doit jamais se faire en cachette. Vous devez informer au préalable toute personne susceptible d'apparaître à l'image. Pour les visiteurs, vous le faites avec un panneau clair à l'entrée, pour qu'ils sachent qu'il y a des caméras avant d'entrer. Pour le personnel, cela va plus loin. Il doit savoir où sont les caméras, dans quel but, combien de temps les images sont conservées et qui peut les consulter. Consignez cela dans un protocole caméra ou dans le règlement du personnel. La transparence n'est pas une formalité, c'est une exigence ferme sous le RGPD.
Le comité d'entreprise et le consentement
Si votre entreprise a un comité d'entreprise, celui-ci a un droit de consentement lors de l'installation de caméras qui filment aussi le personnel. La vidéosurveillance est en effet un système de surveillance du personnel. Le consentement du comité est obligatoire pour cela. Sans ce consentement, vous ne pouvez pas mettre les caméras en service. Si vous n'avez pas de comité, vous devez tout de même bien informer le personnel et peser ses intérêts. Une caméra orientée uniquement sur la caisse ou l'entrée peut aussi se heurter au droit des employés de ne pas être suivis en permanence. Pesez toujours cet intérêt.
Caméras cachées : presque jamais autorisées
Filmer en cachette est en principe interdit. Un employeur ne peut déployer une caméra cachée que dans des cas exceptionnels, toujours sous des conditions strictes. Il doit y avoir un soupçon concret, par exemple de vol par le personnel. Cela doit être temporaire. Cela doit être le dernier recours après l'échec d'autres mesures. Après coup, vous devez informer les personnes concernées qu'un filmage en cachette a eu lieu. Hors de ce cadre étroit, une caméra cachée est illicite. À domicile, c'est pareil : une caméra cachée qui filme autrui à son insu pose vite des problèmes.
Caméras au domicile et la caméra de sonnette
Une caméra de sonnette ou une caméra sur la façade est populaire, mais les règles sont souvent dépassées. Vous pouvez filmer votre propre porte d'entrée, votre allée et votre jardin pour votre sécurité. Cela relève de l'exception domestique tant que vous restez dans votre propre terrain. Le problème surgit dès que la caméra regarde plus loin. Une caméra de sonnette qui enregistre aussi le trottoir, la rue ou le jardin des voisins relève du RGPD. Vous devez alors pouvoir expliquer pourquoi c'est nécessaire, vous devez bien sécuriser les images et les délais de conservation s'appliquent. Installez donc la caméra basse et orientée vers votre propre porte.
Pas le jardin des voisins ni le trottoir
La limite se situe à votre propre terrain. Le jardin des voisins, leurs fenêtres, leur allée et le trottoir public, vous ne pouvez pas les filmer de façon structurelle. Les voisins ont droit à la vie privée dans leur propre logement et leur jardin. Si vous filmez cela malgré tout, ils peuvent vous demander de réorienter la caméra. Au bout du compte, ils peuvent même saisir le tribunal ou l'autorité de protection des données. Évitez les ennuis en orientant bien la caméra dès le départ et en utilisant un masque de confidentialité pour les parties qui ne sont pas à vous. Une bonne conversation avec les voisins au préalable évite beaucoup de disputes après coup.
Panneaux et visibilité
Un panneau caméra est plus qu'une formalité. Il indique d'avance qu'un filmage a lieu, pour que personne ne soit surpris. En entreprise, le panneau est posé de façon visible à chaque entrée de la zone filmée. Sur le panneau ou dans un protocole sous-jacent figurent qui est responsable, dans quel but le filmage a lieu et comment une personne peut exercer ses droits. À domicile aussi, un panneau est judicieux dès que votre caméra touche plus que votre seul terrain. C'est une mesure simple qui montre que vous êtes transparent et qui renforce considérablement votre position en cas de plainte.
Où les images peuvent-elles être stockées ?
Les images sont des données personnelles, le stockage doit donc être sécurisé. En local sur un NVR ou un DVR dans un local fermé à clé, c'est permis, à condition que des personnes non autorisées ne puissent pas y accéder. Si vous stockez dans le cloud, le fournisseur doit offrir une sécurité appropriée et vous signez un contrat de sous-traitance. Le chiffrement, des mots de passe forts et des mises à jour sont le minimum. Conservez les images au sein de l'Espace économique européen, ou prévoyez une base de transfert valable si le stockage se trouve en dehors. Une caméra qui envoie ses images non sécurisées vers un serveur inconnu est elle-même une fuite de données en devenir. Les caméras bon marché venues de l'étranger envoient parfois leurs images vers un fabricant dans un autre pays. Vérifiez donc au préalable où aboutissent les images.
Limiter l'accès aux images
Tout le monde ne doit pas pouvoir accéder aux images. Limitez l'accès aux quelques personnes qui ont vraiment besoin des images pour leur travail, comme un agent de sécurité ou le propriétaire. Consignez qui a accès et enregistrez qui consulte des images et quand. Ainsi vous évitez que des enregistrements traînent ou qu'un collègue curieux regarde. Si une image est partagée avec la police après un incident, consignez quel fragment a été fourni et à qui. Un accès limité et traçable est un élément central d'une vidéosurveillance soignée. Les visiteurs ont d'ailleurs un droit d'accès aux images enregistrées d'eux.
Combien de temps pouvez-vous conserver les images ?
L'autorité de protection des données utilise comme règle un maximum de 4 semaines. Plus longtemps n'est permis qu'en cas d'incident concret, comme un vol ou une collision. Dans ce cas, vous conservez seulement le fragment pertinent et pas tout l'archivage. La plupart des systèmes écrasent automatiquement les anciens enregistrements, à condition de bien régler le cycle. Réglez donc le délai de conservation à quatre semaines ou moins et consignez-le. Plus sur les délais et la destruction ensuite dans le pilier sur la conservation et la destruction des images de vidéosurveillance. Les délais de conservation généraux figurent dans l'aide-mémoire des délais de conservation RGPD.
Détruire les images et le disque
Effacer, c'est plus que jeter un fichier à la corbeille. Avec l'écrasement automatique, les images disparaissent d'elles-mêmes, mais lors du remplacement du système de caméras, l'ancien disque dur reste sur place plein d'enregistrements. Ce disque doit être rendu illisible, car les données effacées sont souvent encore récupérables. La voie sûre est de faire déchiqueter le disque physiquement à un niveau DIN, avec un certificat de destruction comme preuve. Ainsi vous couvrez à la fois la trace papier et le stockage numérique. Le fonctionnement de la destruction en général figure dans l'aperçu sur la destruction de données.
À faire et à éviter en un coup d'œil
- À faire : filmer uniquement votre propre terrain, entrée ou parking.
- À faire : poser un panneau visible et informer le personnel au préalable.
- À faire : sécuriser le stockage et limiter qui peut consulter les images.
- À éviter : filmer de façon structurelle la voie publique, le trottoir ou les voisins.
- À éviter : installer des caméras cachées hors du cadre légal étroit.
- À éviter : conserver les images plus de 4 semaines sans incident.
Erreurs fréquentes
- Toute la rue à l'image. Une caméra qui balaie la voie publique n'est pas proportionnée.
- Pas de panneau ni de protocole. Sans information préalable, la surveillance est illicite.
- Stockage non sécurisé. Des images sur un serveur ouvert ou un mot de passe faible sont une fuite de données.
- Disque à la poubelle. L'ancien disque de stockage doit être détruit, pas jeté.
Un exemple concret
Imaginez un magasin qui installe trois caméras : une à la caisse, une à l'entrée et une à la sortie arrière. La caméra de l'entrée filme aussi un bon bout de trottoir. Après le signalement d'un passant, il s'avère que cela va trop loin. Le commerçant réoriente la caméra, pose un masque de confidentialité sur le trottoir, installe un panneau clair et règle le délai de conservation à quatre semaines. Le protocole caméra entre dans le règlement du personnel. Lors d'un contrôle, tout est en ordre. Les caméras protègent le magasin sans que la vie privée des passants soit violée.
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Demander un devisQuestions fréquentes
Puis-je filmer la voie publique avec ma caméra de surveillance ?
Seulement la petite partie strictement nécessaire pour surveiller votre propre entrée ou terrain. Filmer tout le trottoir ou la rue n'est pas autorisé, ce n'est pas proportionné sous le RGPD.
Dois-je poser un panneau pour une caméra ?
Oui. En entreprise vous devez informer le personnel et les visiteurs au préalable, généralement avec un panneau clair à l'entrée. Filmer en cachette n'est autorisé que dans des cas exceptionnels.
Ma caméra de sonnette peut-elle filmer le trottoir et la rue ?
Vous pouvez filmer votre propre porte d'entrée et votre terrain, mais pas de façon structurelle le trottoir public, la rue ou le jardin des voisins. Dès que vous filmez au-delà de votre propre terrain, le RGPD s'applique.
Un employeur peut-il installer des caméras cachées ?
Presque jamais. La surveillance par caméra cachée n'est autorisée qu'avec un soupçon concret, de façon temporaire, en dernier recours et avec information du personnel après coup.
Combien de temps puis-je conserver les images de vidéosurveillance ?
La règle est un maximum de 4 semaines, plus longtemps seulement en cas d'incident concret. Ensuite les images doivent être effacées et, lors d'un remplacement, le disque de stockage doit être détruit.
Conclusion
Une caméra de surveillance est autorisée, tant en entreprise qu'au domicile, mais dans des limites claires. Filmez uniquement votre propre terrain, pas plus loin que nécessaire et jamais de façon structurelle la voie publique ou les voisins. Informez le personnel et les visiteurs au préalable, organisez le consentement du comité d'entreprise si nécessaire et laissez de côté les caméras cachées hors des exceptions strictes. Sécurisez le stockage, limitez l'accès et effacez les images après quatre semaines au maximum. Et n'oubliez pas la dernière étape : lors d'un remplacement, faites détruire l'ancien disque de stockage avec un certificat. Ainsi vous gardez vos locaux en sécurité sans porter atteinte à la vie privée.
À lire aussi le pilier sur la conservation et la destruction des images de vidéosurveillance et les articles approfondis sur combien de temps conserver les images de vidéosurveillance, détruire et effacer les images de vidéosurveillance et les images de vidéosurveillance et les droits RGPD.
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